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Et Patati et potentats

Et Patati et potentats

12,00

Titre du livre : Et Patati et Potentats

Auteur : Rodolphe Guerra

Prix (TTC) : 12 €

ISBN : 978-2-9138-6191-6

Format du livre : 12 x 18 cm, souple

–  Genre littéraire : Humour

Thèmes abordés : Raison d’état, vie rurale, psychiatrie, amour…

Public : Adultes.

Description :

Tous les chemins mènent à Rome, certes, mais seule la départementale D154 menait au petit village de Bourg-lès-Bourris… Hélas pour l’économie locale, peu de touristes atterrissaient en cette plaisante bourgade pour d’autres motifs que celui d’avoir mal lu la carte ou les panneaux routiers. À la rigueur, on passait par là parce que c’était sur le trajet de la solderie Priba, qui était un des principaux pôles d’attraction de ce coin de Normandie. Avec la foire à l’Hue dia.

Et patati et potentats ! Ça ne fait pas très sérieux, comme titre, n’est-ce pas ? Eh bien, c’est fait exprès ! Après tout, la Raison d’état, les conflits ruraux, les troubles psychiatriques, les problèmes des banlieues… enfin quoi, toutes ces bisbilles susceptibles d’assombrir notre quotidien, méritent-elles vraiment qu’on les traite avec componction ? Nenni les aminches : étant entendu que le monde se divise entre engeance et potentats, quoi faire sinon s’en amuser ? Or ça, ami lecteur, amène ton pliant, et installe-toi donc sur le trottoir de Bourg-lès-Bourris, au côté de l’auteur, qui a mis le rosé au frais…

 

-Extrait :

« Dans la nuit bourricote, à deux pattes de la tombe de la Jacotte, la Roussette somnolait paisiblement. Un craquement de branche, en la réveillant, la sauva soudain d’un cauchemar dans lequel des lombrics géants la menaçaient de représailles.

— Côt ? s’inquiéta-t-elle.

Allergique à la vie en collectivité, la Roussette avait pris l’habitude de s’aller percher loin du poulailler dont les caquetages tournaient inlassablement autour de cet éternel sujet de discussion, commun à toutes les pondeuses du monde : leur progéniture.

La Roussette, elle, ne voulait pas de poussin. N’en avait jamais voulu. Elle n’était encore qu’un œuf en fin de couvaison, lorsqu’elle avait entendu jadis ses parents se faire massacrer par des indigènes, pour une sombre histoire de poulet-frites et de repas d’anniversaire… Elle était parvenue à s’enfuir, en se laissant rouler par le trou d’une mauvaise clôture, et avait échoué dans le jardin de Tata Jeanne où elle avait fini par éclore dans l’indifférence générale.

Depuis, elle vivait là, en marge d’une société dont elle ne comprenait pas très bien les valeurs, mais qui, du moins, à part peut-être le grand crétin vaniteux avec sa crête et ses grands airs, la laissait tranquille.

— Côt ? ! répéta-t-elle, avant de détaler.

— Z’y va ! y avait une poule ! chuchota quelqu’un.

— Où ça ? souffla une deuxième voix ;

— Là : elle s’est barrée, putain, ça craint, j’aurais pu me faire mordre, merde !

— N’importe quoi, toi : ça mord pas les poules, ça a pas de dents !

— Ben comment qu’ça bouffe alors ?

— Putain, t’es trop grave toi, en vérité : ça bouffe avec son bec, la poule.

— Ben, vas-y, bâtard, comment qu’on dit, alors ?

— Comment qu’on dit quoi ?

— Ben si qu’on se fait mordre par une poule, comment qu’on dit, si qu’on dit pas « mordre » ?

— Pff… J’en sais rien, oh ! Vas-y ! Ta mère, avec tes questions, Denis !

La Roussette attendit patiemment que les deux intrus se fussent éloignés avant de regagner son perchoir. Intrus qui, accroupis derrière un tas de bois, élaboraient désormais un plan de campagne digne des plus fins stratèges puniques. »

 

  • Référence du produit : Patati-Potentats